Accusés d’avoir arrangé le résultat de 13 rencontres de Süperlig, Aziz Yildirim s’est défendu en niant tous les faits qui lui sont reprochés. Au début de sa plaidoirie, Aziz Yildirim a insisté à plusieurs reprises sur les antécédents de Galatasaray en matière de triche. Je trouve cela assez mal placé, il aurait dû éviter de mélanger son rival et se concentrer sur les faits qui lui sont reprochés.
Sa défense a commencé par une longue présentation de son passé à la tête du club, se ventant d’avoir fait progresser le club depuis son arrivée. A la fin de cet auto-plébiscite qui m’a un peu déranger, il commence enfin à parler des accusations. Tout d’abord, on lui reproche d’avoir détourné de l’argent du club, de s’être enrichie grâce aux comptes de Fenerbahçe. Il n’a pas eu de mal à répondre à ça puisqu’il a par le passé injecter 30m€ de sa poche dans les caisses du club. En contrepartie, le procureur veut nous faire croire qu’il a détourné quelques dizaines d’euros, tout cela sans la moindre preuve de mouvements suspicieux dans les comptes du club et du président… Le mystère est d’ailleurs dans ces mêmes comptes du club. En effet, pas un seul centime des caisses des clubs n’a disparu, pas un seul mouvement suspect qui pourrait laisser planer le doute. Tous les mouvements ont été archivés, facturer et présenter au juge aujourd’hui.
Un détail qui n’en est pas un : sur les centaines de pages de « preuves », pas une ligne où Aziz Yildirim ne parle d’arranger un match, de joueurs à payer, d’argent à donner au joueur. Comment cet homme a-t-il fait pour arranger le résultat de 13 matchs de Süperlig sans en avoir parlé au téléphone ? D’ailleurs, les forces de polices qui l’ont écouté ont tout d’abord annoncé avoir la preuve de 19 matchs arrangés, puis par une baguette magique, ce chiffre est tombé à 13 matchs. Avec un petit effort ce chiffre tombera surement encore et encore pour atteindre le chiffre 0.
Une des accusations qui a enflammé les médias durant des mois a été un la photo d’un sac qui aurait servi à transporter de l’argent pour les joueurs de Sivasspor (pas besoin de revenir sur la rencontre, on a tous vu le même match…). Ce sac transportait en réalité les billets pour les supporters de Fenerbahçe, plusieurs personnes présentent ce jour au stade l’ont confirmé et c’est donc un énième élément soi-disant irréfutable qui s’envole. Détail encore plus révélateur, le procureur avait accusé Aziz Yildirim d’avoir payé une voiture à la sœur de Korcan Celikay, le gardien de Sivasspor. Difficile de faire pire en matière de preuve puisque Korcan Celikay n’a tout simplement pas de sœur. Toutes les accusations sur ce match sont donc fausses. Je passe sous silence la soi-distante vidéo d’Emenike en train de compter de l’argent que l’on cherche désespérément depuis des mois. Visiblement, elle n’existe tout simplement pas et c’est donc un match de plus qui disparait de la liste.
Un doute existait sur le match de Fenerbahçe-Manisaspor. En effet, le procureur avait fait le rapprochement entre une somme d’argent envoyée personnellement par Aziz Yildirm a un entrepreneur de la région. Le président de Fenerbahçe à prouver devant le juge que cette somme n’était qu’un prêt à un ami qui avait besoin d’argent, tous ces mouvements étant documentés dans ses comptes. Encore un match qui s’envole.
Un autre point très intéressant soulevé dans la défense d’Aziz Yildirm concerne les paroles de Senol Günes et Ozan Ipek il y a pratiquement 2 ans de ça. Lors de la final de la coupe de Turquie qui se jouait entre Fenerbahçe et Trabzonspor, Senol Günes est venu voir Aziz Yildirim et lui a dit « la coupe est pour nous, le championnat est pour vous ». Aziz Yildirim pose alors la question suivante, « est-ce que si cette discussion avait eu lieu la saison passée, Senol Günes serait avec lui derrière les barreaux ? ». Même constat pour Ozan Ipek qui avait déclaré au soir du titre de Bursaspor qu’il avait promis « tout ce qu’il voulait » à Onur Kivrak, gardien de Trabzonspor qui affrontait Fenerbahçe, s’il n’encaissait pas de but. Vous vouliez des preuves, difficile de faire mieux…
Je ne sais pas quelle tournure prendrons les évènements, mais il semble évident que le dossier est très bancale, qu’il n’y a pas de preuves tangibles contre les dirigeants et les joueurs et surtout que les accusations sont fondés sur les fantasmes du procureur.

















