Un match pauvre en occasion
Bien que cette rencontre ait été importante au niveau de l’enjeu, on avait parfois l’impression de suivre un match amical, tellement le rythme pouvait être faible. Rappelons qu’avant ce match la Coupe de Turquie était très probablement le seul moyen qui restait à Galatasaray et Antalyaspor pour se qualifier pour une compétition Européenne la saison prochain. Si Galatasaray se qualifiait avec un petit match nul, Antalyaspor devait absolument l’emporter pour espérer continuer son parcours. Or on ne peut affirmer avoir vu deux équipes conquérantes sur le terrain hier soir. Si Galatasaray s’est montré l’équipe la plus entreprenante dans la possession de balle, Antalyaspor s’est surtout appuyée sur deux joueurs très remuants, Necati et Kenan. Mais au final, on aura vu que des tirs lointain de la part de Galatasaray, comme la frappe flottante de Culio (6e) et des frappes enlevées de Sabri et Arda, tandis qu’Antalyaspor n’a su mené à bien que quelques contre-attaques. La physionomie du match a ensuite changé à partir de la 67e minute, lorsque Serkan Kurtulus a été très justement expulsé pour un second carton jaune. Antalyaspor a eu ensuite un peu plus la main mise sur le ballon, mais avec des joueurs clés fatigués, ils n’auront presque jamais inquiété Ufuk. Antalyaspor n’aura jamais montré en fin de match la motivation pour gagner le match, et comme la charnière centrale Cana / Servet a parfaitement maîtrisé son sujet, Galatasaray pouvait respirer tranquillement lors des dernières minutes. Les Stambouliotes se sont alors contenté de faire tourner le ballon pour faire perdre du temps, sans absolument rien tenté, le coaching défensif de Hagi n’ayant pas aidé cela dit. Culio a ensuite eu la balle de match. Après un bon dribble d’Arda sur la ligne de but de l’aile droite, ce dernier a passé parfaitement à Culio, tout seul dans la surface, mais dont le tir allait s’écraser tout droit sur le portier adverse. De toute façon, l’important n’était pas forcément de gagner, puisque terminer premier du groupe n’apporte aucun privilège pour le tirage au sort des quarts-de-final. Le match nul suffisait. C’est plus le niveau technique et mental qui était à déplorer, encore une fois cette saison.
Arda, 0 pointé
Certains joueurs auront sorti leur épingle du jeu, alors que d’autres ont été décevant. Mais le plus grand constat à faire reste la prestation extrêmement mauvaise d’Arda Turan. Le numéro de 10 de Galatasaray a beaucoup trop raté hier soir. Tout d’abord, il n’a cadré aucune frappe, pire elles étaient presque toute dévissées. Ensuite ses passes étaient souvent mal ajustée et ses choix étaient des plus douteux. Mais le pire concernait surtout son implication dans le match. J’ai vu un joueur qui ne faisait pas d’appel, qui ne donnait pas le coup de rein nécessaire aux moments où la défense d’Antalyaspor pouvait être prise à défaut, et je n’ai surtout pas reconnu un joueur sensé être le leader, voire l’âme, de l’équipe. Je veux bien qu’Arda ne soit pas en forme, qu’il soit fatigué après le match plein contre l’Ajax, qu’il ne soit pas revenu en pleine possession de ses moyens depuis sa blessure, mais force est de constaté que son niveau est pour l’instant à des années lumières de ses prestations avec l’équipe nationale en début de saison ! L’équipe aura pu toute de même compter sur leur nouvel recrue argentine, Culio, pour l’animation au milieu de terrain. Même si Culio n’a pas un talent pur comme celui d’Arda, de Misimovic ou même d’un Lincoln, pour les nostalgiques, son apport au milieu de terrain est importante. En plus de jouer en première intention, son jeu est propre, rapide, simple et intelligent. Il joue propre, il joue rapidement, il se démarque, il récupère des ballons… Pour l’instant, Culio reste une très bonne satisfaction. Kazim, l’autre recrue, n’aura rien pu montrer hier soir. Après il faut aussi reconnaître que le pauvre n’a reçu aucun ballon exploitable durant la rencontre !
Hagi perd des points
J’ai toujours soutenu Hagi depuis son retour au club. Même après des défaites, je continuais à le soutenir. Comme je le dis souvent, ce n’est pas non plus lui qui rate des gestes élémentaires sur la pelouse. Néanmoins, trois mois après son arrivée à la tête de l’équipe, force est de constater que les brebis galeuses sont toujours sur le terrain. Hakan Balta, qui je le répète encore une fois n’a même pas le niveau CFA cette saison, est titulaire. Ayhan joue tous les matchs 90 minutes. Servet reçoit toujours autant de ballons, alors qu’on sait tous qu’il panique balle au pied et qu’il ralentit systématiquement le jeu. Aydin malgré de très mauvaise prestation n’aura jamais été autant de fois dans le 11 de départ que sous les commandes d’Hagi. Souvent ridicule sur la pelouse, Aydin aura été pourtant une des satisfactions de la soirée. Mais cela n’enlève en rien la frustration que j’ai envers les choix d’Hagi. Le technicien Roumain a aligné plus ou moins pour la troisième fois consécutive la même formation. Or contre Beyazpazari Sekerspor et l’Ajax, Hakan Balta, Serkan Kurtulus, Hakan Balta et Ayhan ont été plus que mauvais. Alors dans ces conditions, pourquoi s’obstiner avec eux ? On pourra toujours dire pour sa défense qu’il doit composer avec l’effectif qu’il a, ce que je conteste vivement. Nous sommes en plein mercato, or depuis les arrivées de Culio et Kazim, c’est le point mort. Il serait encore nécessaire de recruter au moins trois joueurs de champ, en particulier un buteur, un milieu relayeur, voire défensif, et un latéral gauche. On ne peut pas compter sur Hakan Balta, Insua, nullissime en défense, et Caglar toujours blessé. Là, on vient nous parler même d’un nouveau gardien. Je ne sais pas quels sont les souhaits de Hagi, mais rappellons nous que ce dernier avait promis un nettoyage de l’effectif et des nouvelles recrues il y a plusieurs semaines. Or je n’appelle pas un nettoyage d’effectif, le départ de quelques seconds couteux qui ont eu un temps de jeu famélique jusque-là.
Mais revenons au match d’hier soir. Le premier choix que je reproche à Hagi est de ne pas avoir sorti à la mi-temps Ayhan. Positionné au poste de milieu récupérateur, il a offert une autoroute dans l’axe du terrain à ses adversaires, par son positionnement approximatif. Incapable de relancer le jeu proprement et rapidement, il a en plus été à l’origine de deux balles perdus dans l’axe du milieu de terrain dans le camp de l’équipe, qui se sont traduites par des occasions chaudes d’Antalyaspor. Une fois d’accord, mais pas deux. Après une demi-saison catastrophique, je ne supporte plus de voir des éléments qui tirent l’équipe vers le bas. Une équipe comme Galatasaray ne peut se contenter de la médiocrité. Il faut de la performance, de l’envie et de la réussite. Ce n’est pas avec des joueurs comme Ayhan et Hakan Balta sur la pelouse que cela va changer, même avec l’arrivée de Culio. Bien entendu, Hagi a non seulement laissé Ayhan sur la pelouse, mais il l’a fait jouer 90 minutes. Non repu de ses deux énormes erreurs de la première période, Ayhan en a encore remis une couche ensuite en ratant une passe en arrière à son gardien, dont a profité l’ailier droit d’Antalyaspor, Kenan. Heureusement qu’Ufuk est parfaitement sorti ! Je trouve cela tout simplement scandaleux. Par la suite, lorsque je vois Hagi sortir tous les éléments offensifs de l’équipe, on se demande ce qui lui passe par la tête. Qu’on soit à 10 contre 11 et que le match nul nous suffit, c’est inadmissible de voir un grand club comme Galatasaray jouer de la sorte sans vouloir poser le moindre problème à la défense adverse. Outre un problème de jeu, je condamne violemment le manque d’ambition de cette équipe !
Rien ne sourit aux lions
Cette saison est véritablement noire. Les semaines ont beau passer, la poisse continue à suivre ce club. Si le niveau tactique et technique explique en grande partie la situation de l’équipe, il y a un facteur chance à ne pas perdre de vue. Depuis ce début de saison, il est intéressant de noter que les joueurs de Galatasaray perdent presque toujours leurs duels, ce qui n’a rien à voir avec de la chance, mais ont aussi systématiquement les contres défavorables. Hier soir, j’ai presque toujours vu les contres aller dans les pieds des joueurs d’Antalyaspor. A cela s’ajoute le manque de réussite devant les buts, alors que les adversaires de Galatasaray en général ne se font pas prier pour mettre la balle au fond des filets. Hier soir, les Lions ont eu la chance de jouer face à une équipe ayant subi beaucoup de changement dans son 11 de départ et par conséquent n’ayant pas de bons automatismes. Contre une autre équipe, il aurait été fort à parier que le point du match nul aurait relevé de l’exploit.
Enfin, je tiens à terminer avec un mot au sujet de l’arbitrage. Si je trouve que l’arbitrage est sérieusement favorable aux petites équipes lorsqu’elles affrontent les grands d’Istanbul, ne fermons pas aussi les yeux sur certaines erreurs inadmissibles. Je ne tiens pas à tout mettre sur le dos de l’arbitrage, mais avec des décisions équitables et justes, Galatasaray aurait très certainement avoir eu quelques points en plus au classement. Durant la rencontre de la veille, l’arbitre Bünyamin Gezer n’a pas sifflé deux pénaltys flagrants pour Galatasaray, tout en oubliant aussi un coup-franc dans la surface pour Antalyaspor. Rappelons qu’un des pénaltys, qui devaient être sifflés, était une main sur un centre, ayant eu lieu juste en face de l’arbitre de touche.
Espérons que la roue de la fortune tourne enfin en faveur des rouges et jaunes dès ce week-end pour la reprise du championnat contre Sivasspor. Mais comme j’aime à le dire, la chance ça se provoque !

















